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Dorothée Ollieric, « Je voulais faire ce que les touristes ne font pas »

Grand reporter à France 2 depuis vingt ans, Dorothée Ollieric (IPJ 1990) couvre l’actualité internationale partout dans le monde. La journaliste veut comprendre et faire partager l’évolution de la planète, souvent au risque de sa propre vie.


Dorothée Ollieric, « Je voulais faire ce que les touristes ne font pas »
Grand reporter à France 2 depuis vingt ans, Dorothée Ollieric (couvre l’actualité internationale partout dans le monde. La journaliste veut comprendre et faire partager l’évolution de la planète, souvent au risque de sa propre vie.
Avec son équipement de plongée, elle descend vers les fonds de l’océan. Dans l’obscurité, elle aperçoit un cadavre à la dérive. Elle s’en approche mais au moment où elle le saisit, tous les membres se détachent brusquement. Ce cauchemar l’a hantée pendant des mois après son retour du Rwanda où elle a découvert les champs de cadavres, vestiges du génocide au début des années 1990. « La pire chose » qu’elle a vue dans sa carrière confie-t-elle. 


 
Dorothée Ollieric est une authentique grand reporter. Ce métier au rythme effréné lui permet de parcourir le monde : « déjà à 16 ans, je n’aspirais qu’à repousser les frontières et découvrir des endroits étranges. Je voulais faire ce que les touristes ne font pas. » Du Rwanda à l’Afghanistan, en passant par l’Irak et la Yougoslavie, cette grande brune à la voix douce a couvert tous les conflits depuis vingt ans. Elle l’avoue spontanément : « c’est un métier de tarés, mais aussi une vraie passion.  » Sa fougue journalistique s’est exprimée dès l’âge de 19 ans. Rendant visite à des amis chiliens, elle sollicite au culot un entretien avec le vieux président Pinochet, bien aidée par une amie : « Son père était rédacteur en chef d’un petit journal nantais, l’Eclair. Il m’a donné une accréditation et j’ai pu me faire passer pour une journaliste d’un grand quotidien. J’ai obtenu l’une des dernières interviews de Pinochet. » 
Rentrée à France 2 en 1990, la journaliste s’est imposée dans un milieu masculin, où elle revendique l’atout d’être une femme, en particulier dans les pays musulmans où elle peut «  filmer les femmes beaucoup plus facilement. » Jamais blessée, elle reconnaît avoir subi des «  pressions sexuelles  » et « s’être vue mourir une demi-douzaine de fois ». Mère de deux enfants, Dorothée ne coupe jamais le contact, même lorsque les obus pleuvent à l’extérieur. Entre deux détonations, elle peut faire réviser un poème à sa fille ou une table de multiplication à son fils. Si elle ne peut plus minimiser les risques de son métier depuis la mort de Gilles Jacquier à Homs, elle a dû leur faire une promesse : «  j’ai juré que je n’irai pas en Syrie  ». Parole de mère. 
Consciente de faire un métier peu commun, « parfois proche d’un film d’action », la reporter retrouve également avec bonheur le quotidien ordinaire qui lui permet de s’occuper de sa famille et de se reposer. Mais impossible de retomber dans la routine. A la vue d’un article sur le Mali, elle exprime son envie de partir le plus tôt possible sur place. Sans aucun doute, une vraie passionnée.

BIO EXPRESS
1990 : Diplômée d’IPJ 
1990-1992 : Services info géné, société de France 2 
1992 : intègre le service politique étrangère de France 2 
2002-2005 : chef adjointe du service politique étrangère de France 2 
2007 : publication du livre « s’immoler à 20 ans » histoire d’une infirmière française en Afghanistan (poche – J’ai Lu 2009)

Par François-Xavier Lambert (34ème promotion - 2011-2013)
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